Sur la formation du psychanalyste à Paris
Le samedi 21 mars 2026 se tenait le 50ème colloque du RPH-École de psychanalyse qui s’est déroulé le 2ème arrondissement de Paris. En cette occasion, c’est sur la formation du psychanalyste que nous avons choisi de réfléchir ensemble avec une question : comment faire École ?
Car si l’école peut tous nous évoquer les salles de classe et les enseignants appréciés ou peu amènes de notre enfance et que l’on sait la rigueur et l’enjeu important que recèle la scolarité des plus jeunes, faire École lorsqu’il s’agit de transmettre la psychanalyse ouvre à des enjeux autres que la transmission de connaissances ou d’un savoir-faire. Et pour aller directement à ce qui ressort de cette journée de recherche, il s’agit de réfléchir à la façon de faire École psychanalytiquement, de transmettre psychanalytiquement, soit en maintenant au cœur même de tous les mouvements d’une École de psychanalyse, la castration et un désir barré.
Comme l’a développé le docteur Ouarda Ferlicot, psychanalyste à Courbevoie, il s’agira alors d’éviter les écueils du groupe, structure imaginaire traversée à un moment (et même plusieurs) ou un autre par la pulsion de mort et qui se structure rapidement autour d’un idéal commun. Pour autant c’est bien du fait d’un objectif commun que certains se réunissent pour travailler ensemble. Notons à ce propos comme le soulignait Jean-Baptiste Legouis, psychothérapeute à Paris 18, que rester seul lorsque l’on souhaite occuper les positions de psychothérapeute et supposé-psychanalyste, est dangereux car il est très facile d’être d’accord avec soi-même.
Lucille Mihoubi est revenue quant à elle sur l’histoire de l’analyse didactique. Elle note que la psychanalyse personnelle du psychanalyste n’est jamais maintenue tout au long de sa pratique clinique, cette exigence ne semble assumée officiellement qu’au RPH bien qu’elle se pratique peut-être ailleurs. Or c’est bien la seule voie qui semble pouvoir faciliter de quitter l'aliénation moïque tel que le soutient Sara Dangréaux qui exerce à Paris 10. Penser que le psychanalyste sait sur l'inconscient est un mirage, il sait un bout et il peut plus facilement en savoir davantage mais il ne s'agira jamais d'un savoir péremptoire et absolu.
Ainsi, si comme Julien Faugeras le souligne, la psychanalyse est une clinique de l’espérance qui peut permettre de se dégager des discours qui empêchent et structurent l’illusion d’un impossible, le docteur Marine Bontemps, psychanalyste à Paris, nous réveille au sens premier de la transmission : plutôt qu'une transmission d'un savoir, il s’agit de de la transmission des conditions propices à la construction d'un savoir. Elle en conclue que pour ce faire, il faut maintenir une jonction entre ce que le jeune clinicien, parfois encore étudiant en psychologie, reçoit par un enseignement et ce qu'il traverse en cure et surtout ne pas oublier qu’il n'y a pas de transmission psychanalytique lorsque le Moi est aux commandes. Pour cela, la psychanalyste Laure Baudiment nous rappelle que chez Jacques Lacan, Si le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même, il s’appuie aussi de « quelques autres » et cette formule n’est pas un hapax. Ainsi, continuons à nous réunir pour penser, étudier et travailler ensemble.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les échanges lors de cette journée, vous pouvez retrouvez les actes des Colloques du RPH-École de psychanalyse ici :
Pour débuter une psychothérapie voire une psychanalyse à Paris, contactez Diane Merakeb au 01.73.77.20.99 ou prenez rendez-vous :
